Qu’est-ce que le compte de résultat différentiel ?

François Menjaud
September 21, 2021
5 min

Le compte de résultat différentiel est un tableau financier qui peut s’avérer très utile en contrôle de gestion. Il permet en effet d’étudier de manière précise la santé financière de l’entreprise en analysant ses différents types de charges et sa capacité à générer des bénéfices pour y faire face. Découvrez comment construire facilement un compte de résultat différentiel.

Qu’est-ce qu’un compte de résultat différentiel ?

Le compte de résultat différentiel, un outil de contrôle de gestion

Le compte de résultat différentiel est un tableau financier utilisé par l’expert-comptable de l’entreprise ou par le gérant lui-même, et qui permet d’évaluer la santé financière de l’entreprise en estimant sa profitabilité. En effet, ce tableau financier va dégager les différents types de charges (fixes et variables notamment) supportées par l’entreprise, ce qui va permettre de savoir si elle peut dégager des bénéfices malgré les charges auxquelles elle fait face.
Concrètement, le compte de résultat différentiel permet d’obtenir plusieurs indicateurs clés : à partir du chiffre d’affaires, on va soustraire successivement les charges variables puis les charges fixes, afin d’obtenir la marge sur coûts variables et le résultat de l’entreprise. A partir du compte de résultat différentiel, l’expert-comptable et le dirigeant pourront notamment ajuster la stratégie de l’entreprise pour diminuer les pertes et accroître les marges.

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image illustrant une femme devant son ordinateur en train de remplir un fichier excel.

La structure du compte de résultat différentiel

Le compte de résultat différentiel prend la forme d’un tableau, où l’on trouve les éléments suivants :

  • Le chiffre d’affaires, soit la somme des ventes réalisées par l’entreprise dans le cadre de son activité (vente de produits ou prestations de services).
  • Les coûts variables, soit les dépenses réalisées par l’entreprise pour le fonctionnement de ses différents services et qui varient notamment en fonction du volume d’activité et de la saisonnalité (par exemple : l’achat de matières premières, les frais d’électricité, les frais de livraison, les primes commerciales versées aux employés, etc.);
  • La marge sur coûts variables : obtenue en soustrayant les coûts variables au chiffre d'affaires, elle représente la part du chiffre d'affaires restante après déduction des coûts variables. Elle peut également permettre, lorsqu’on l’obtient en additionnant les marges unitaires, d’identifier quels sont les produits ou services les plus rentables pour l’entreprise ;
  • Les coûts fixes, soit les dépenses réalisées par l’entreprise indépendamment de son volume d’activité (par exemple : le loyer, les frais d’entretien du local d’entreprise, les salaires, les primes d’assurance, etc.) ;
  • Le résultat net, qui représente les bénéfices réalisés par l’entreprise au cours de l’exercice comptable sur lequel porte le tableau financier, i.e. le chiffre d’affaires moins les coûts (variables et fixes, en incluant les dépréciations, les intérêts et les taxes).

La différence entre un compte de résultat classique et un compte de résultat différentiel

Contrairement au compte de résultat classique (comptable), le compte de résultat différentiel permet de distinguer les charges fixes et les charges variables, ce qui permettra notamment de définir la marge sur coûts variables, le seuil de rentabilité, la marge de sécurité et le point mort. Cela permet d’analyser plus finement la santé financière de l’entreprise en obtenant une autre vision.


Les notions relatives à un compte de résultat différentiel

Le compte de résultat différentiel est notamment utilisé parce qu’il permet de déterminer 3 indicateurs majeurs pour le pilotage de l’entreprise :

  • Le seuil de rentabilité, qui correspond au montant minimal de chiffre d’affaires que l’entreprise doit réaliser pour couvrir toutes ses charges. Il est calculé par le rapport entre marge sur coûts variables et chiffre d’affaires. Si l’entreprise atteint son seuil de rentabilité, alors elle a réalisé un résultat nul et ses charges fixes sont égales à sa marge sur coût variable.
  • La marge de sécurité, i.e. la différence entre le chiffre d’affaires de l’entreprise et le seuil de rentabilité ;
  • Le point mort (en jours), qui correspond au nombre de jours qui doivent être travaillés pour que l’entreprise atteigne son seuil de rentabilité.

Construire un compte de résultat différentie

Pour construire le compte de résultat différentiel, le mode opératoire est à peu près que pour la construction d’un compte de résultat classique. C’est pourquoi il est conseillé, pour simplifier l’établissement du document financier, de partir du compte de résultat classique, et de classer les charges en charges fixes ou charges variables.

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Partir du compte de résultat classique et trier les charges selon leur nature : fixes ou variables

Dans le compte de résultat différentiel, comme dans le compte de résultat classique, on doit retrouver les produits et les charges. La différence est que, dans le compte de résultat différentiel, les charges doivent être ventilées selon leur nature, entre charges fixes et charges variables.

Pour cela, on va donc commencer par répertorier toutes les dépenses de l’entreprise. Il est plus facile de partir du compte de résultat classique (si vous en avez déjà un pour cette période). Classez ensuite chacune des dépenses en tant que charge variable ou charge fixe.

En déduire la marge sur coûts variables

Une fois les charges classées selon leur nature, on va en déduire la marge sur coûts variables. La meilleure méthode pour établir la marge sur coûts variables est de la calculer par produit (ou service) ; cela permettra en effet de déterminer quels produits (ou services) sont les plus rentables pour l’entreprise.

On obtient ainsi la marge sur coûts variables unitaire. On additionnera ensuite toutes les marges sur coûts variables unitaires pour obtenir la marge sur coûts variables totale.La marge sur coûts variables totale peut être calculée de deux manières :

  • Marge sur coûts variables (MCV) totale = chiffre d’affaires – total des coûts variables
  • MCV totale = MCV unitaire n°1 + MCV unitaire n°2 + … + MCV unitaire n°N

Une illustration d'une main pointant une carte géographique

Obtenir les trois résultats recherchés

Une fois la marge sur coûts variables calculée, on pourra déterminer :

  • le seuil de rentabilité = total des charges fixes / taux de marge sur coût variable (TMCV).
  • Le taux de marge sur coût variable est le rapport entre la marge sur coût variable et le chiffre d’affaires HT.
  • La marge de sécurité = Chiffre d’affaires – seuil de rentabilité.
  • Le point mort (en jours) = Seuil de rentabilité / Chiffre d’affaires x 360.

Utiliser un logiciel de gestion de trésorerie

Pour simplifier la construction de votre compte de résultat différentiel, une méthode alternative, et qui vous permettra de ne pas dépendre de la comptabilité, consiste à utiliser un logiciel de gestion de trésorerie comme Fygr. Vous pourrez en effet y définir des catégories spécifiques :

  • Recettes / Chiffres d’affaires ;
  • Charges variables ;
  • Charges fixes.

Cela vous permettra d’obtenir une vision en temps réel sur un tableau de bord ayant la même structure qu’un compte de résultat différentiel, qui se remplira automatiquement, au fur et à mesure que vos données bancaires remonteront grâce aux fonctionnalités de synchronisation bancaire et de catégorisation automatique.

Très rapidement, vous obtiendrez donc un véritable outil de pilotage, qui vous aidera à prendre les bonnes décisions et à vous projeter sereinement.

Exemple de compte de résultat différentiel

image illustrant un exemple de résultat différentiel

Dans cet exemple, on obtiendra donc :

  • seuil de rentabilité = 600 000 / (930 000 / 1 500 000) = 967 742 €

Autrement dit : en-deçà de 967 742€ de chiffre d’affaires généré, l’entreprise ne sera pas rentable sur la période.

  • point mort = 967 742 / 1 500 000 x 360 = 232 jours

Autrement dit : pour générer ce chiffre d’affaires correspondant au seuil de rentabilité, l’entreprise aura besoin de 232 jours.

  • marge de sécurité = 1 500 000 – 967 742 = 532 258 €
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