L’affacturage ou factoring en anglais est une solution de recouvrement de créances clients et de financement pour une entreprise.
Voyons dans cet article ce que c’est exactement, comment ça fonctionne, les avantages et inconvénients de ce mode de financement pour les entreprises, à qui cela s’adresse et combien cela coûte.
Affacturage – L’essentiel à retenir
La définition de l’affacturage, ou factoring en anglais, a une dimension comptable (réduction des créances clients et écritures comptables) et juridique (gestion des impayés). C’est un moyen de financement pour les entreprises qui ont des créances clients. Elle est donc réservée aux entreprises en B2B.
Le principe est simple. Une entreprise qui a des créances clients peut les revendre à une société d’affacturage. La société d’affacturage finance les créances clients, puis s’occupe de recouvrir les créances. Parfois l’affacturage est géré par une banque.
L’entreprise obtient ainsi un financement immédiat pour des créances qui auraient pu prendre des mois à recouvrir et elle délègue le recouvrement à un prestataire.
La société d’affacturage a donc un rôle de financement et de recouvreur. D’ailleurs, le statut de société de financement est nécessaire pour opérer en tant que société d’affacturage. Elle se rémunère avec un frais de fonctionnement ainsi qu’un taux d’intérêt sur l’avance. Nous y reviendrons plus tard.
Le fonctionnement de l’affacturage est assez simple :
L’affacturage sans recours est bien évidemment beaucoup plus risqué pour la société d’affacturage et elle le reflète par des taux d’intérêt plus élevés.
Pour mettre en place une solution d’affacturage, il suffit généralement de contacter une société d’affacturage (factor), souvent filiale d’une banque ou membre de l’Association Française des Sociétés Financières (ASF). Ces organismes accompagnent les entreprises à chaque étape : analyse des besoins, constitution du dossier, signature du contrat et prise en main des outils de gestion en ligne. La plupart des sociétés d’affacturage proposent également un espace client en ligne permettant de télécharger les documents nécessaires à la comptabilisation des opérations. Il est aussi possible de se faire conseiller par la Banque de France, Bpifrance ou son expert-comptable pour choisir la solution la plus adaptée.

L’EBE (Excédent Brut d’Exploitation) est un indicateur clé pour mesurer la rentabilité opérationnelle d’une entreprise avant prise en compte des éléments financiers et exceptionnels. L’utilisation de l’affacturage a un impact direct sur la trésorerie et, indirectement, sur l’EBE à travers la réduction des créances clients et la prise en compte des frais d’affacturage.
Supposons une entreprise avec 100000 € de chiffre d’affaires, dont 30000 € de créances clients. Elle cède ses créances à un factor, qui prélève 2 000 € de frais d’affacturage et avance 90% du montant.
À l’enregistrement comptable, l’opération se traduit par :
Si une retenue de garantie est prévue par le contrat, elle doit être enregistrée dans un compte dédié et régularisée lors de son versement final.
Conseil pratique : Il est important d’intégrer les frais d’affacturage dans le calcul de l’EBE pour obtenir une vision fidèle de la rentabilité réelle.
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L’enregistrement comptable des opérations d’affacturage suit généralement les étapes suivantes :
Pensez à conserver tous les relevés, bordereaux et justificatifs transmis par la société d’affacturage afin de faciliter vos enregistrements comptables et vos contrôles.
Les créances clients peuvent représenter un poids pour les entreprises, les empêchant de se développer sereinement. Les avantages sont les suivants :
L’affacturage n’a pas que des avantages. Les termes et conditions du contrat d’affacturage entre l’entreprise et la société d’affacturage peuvent être plus ou moins favorables à l’entreprise, tout comme les autres modes de financement (prêt de trésorerie, crédit de trésorerie, avance de trésorerie ou encore le crédit-bail pour le financement de vos investissements matériels). Voici quelques exemples d’inconvénients qui peuvent apparaître :

Pour être éligible à l’affacturage, une entreprise doit exercer une activité B2B et disposer de créances issues de ventes ou prestations réalisées auprès de clients professionnels. Les activités réalisées avec des particuliers (B2C) ne sont généralement pas éligibles à l’affacturage.
L’affacturage s’adresse à des entreprises de toutes tailles mais qui présentent les caractéristiques suivantes :
Il y a plusieurs types de coûts pour l’entreprise qui fait appel à une société d’affacturage :
Les frais de service sont des frais fixes sur chaque créance qu’on leur confie. Ils sont en général de l’ordre de 0,5% à 3% du montant des créances.
Ces frais sont négociés entre l’entreprise et la société de facturation et leur montant varie en fonction de la qualité des factures, si elles sont avec recours ou non, du volume de factures, de la récurrence etc.
Comme la société d’affacturage avance un montant qui correspond à 70-90% du montant total des créances, celui-ci perçoit des intérêts car il s’agit d’un financement. Ces taux peuvent varier de l’ordre de 1% à 5% par mois en fonction de la solvabilité de l’entreprise et des conditions de marché et de la société d’affacturage.
On peut parfois trouver d’autres frais comme des frais de dossier pour la mise en place de l’affacturage, des frais de gestion (proportionnels aux nombres de relances par exemple).
En cas d’impayés, la situation varie en fonction de ce qui a été convenu dans le contrat.
Comme on l’a dit précédemment, en cas d’affacturage avec recours, la société d’affacturage n’est pas responsable des impayés et demande donc un remboursement à l’entreprise.
A l’inverse, en cas d’affacturage sans recours, la société d’affacturage est responsable de l’impayé et ne peut pas demander de remboursement à l’entreprise.
L’affacturage inversé, ou reverse factoring, est une variante de l’affacturage.
Elle est cette fois-ci non pas à l’initiative de l’entreprise fournisseur qui a du mal à se faire payer par ses clients mais à l’initiative du client, l’acheteur.
Celui-ci peut mettre en place un système d’affacturage inversé permettant à ses fournisseurs d’être payé instantanément tout en conservant la possibilité de payer plus tard.
Cela permet à l’acheteur de conserver de bonnes relations avec ses fournisseurs qui sont payés instantanément tout en gardant la possibilité de payer plus tard, avec des frais appliqués évidemment.
L’affacturage ponctuel est une variante de l’affacturage traditionnel qui consiste simplement à ne confier qu’une partie des factures à la société d’affacturage. C’est le même principe que plus haut lorsque nous indiquions que la société d’affacturage n’est pas dans l’obligation d’accepter toutes les factures dans certains cas sauf qu’ici cette sélection est faite par l’entreprise elle-même.
1. L’affacturage impacte-t-il l’EBE de mon entreprise ?
Oui, les frais d’affacturage doivent être intégrés dans le calcul de l’EBE, ce qui peut réduire la rentabilité opérationnelle affichée.
2. Peut-on utiliser l’affacturage pour toutes les créances ?
Non, seules les créances B2B de bonne qualité sont généralement éligibles. Certaines sociétés d’affacturage peuvent refuser des créances jugées trop risquées.
3. Quels sont les principaux frais liés à l’affacturage ?
Ils incluent des frais de service (pourcentage du montant des créances), des intérêts sur les avances et parfois des frais de dossier ou de gestion.
4. Quelle est la différence entre affacturage avec recours et sans recours ?
Avec recours : l’entreprise reste responsable en cas d’impayé.
Sans recours : la société d’affacturage assume le risque d’impayé.
5. Comment comptabiliser une opération d’affacturage ?
Voici les principales écritures à passer :
Pensez à conserver tous les relevés, bordereaux et justificatifs transmis par la société d’affacturage afin de faciliter vos enregistrements comptables et vos contrôles.
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